Homme tatoué de Birmanie

Le cas de l'Homme Tatoué de Birmanie fut rapporté en 1872 dans le Lancet, par le dermatologue Moritz Kaposi, puis figurera dans l'Atlas des Maladies de la Peau de Ferdinand Von Hébra publié en 1876. 

Georges Constantine s'est installé à Vienne vers 1869. Cet Albanais de 43 ans parlait couramment 7 langues et avait une vaste connaissance du sud-est asiatique. Il raconta à la société viennoise qu'il s'était rendu cinq ans auparavant dans le Tartare pour tenter sa chance lors de la ruée vers l'or. Il y aurait été capturé et condamné au supplice du tatouage.  

Ce qui rendait son cas unique à l'époque est qu'il était intégralement tatoué, le corps recouvert de 388 tatouages: animaux réels ou fantastiques, signes birmans, fruits, objets.... Seules ses plantes de pieds et ses bourses n'étaient pas décorées. Vu de près, chaque dessin était constitué d'une multitude de petits points, renseignant ainsi sur la finesse de la technique utilisée.

De retour en occident, Constantine rejoignit rapidement le cirque Barnum pour devenir le Prince Constantine ou le Capitaine Constentenus. S'il est impossible de connaitre la part de réalité et celle de romance dans les récits de cet aventurier, il faut savoir qu'à l'époque, plusieurs cas similaires (récit extravagant inclus) étaient exhibés dans les cirques itinérants. L'histoire la plus probable est finalement que Constantine s'est fait tatouer dans le sud-est asiatique afin de pouvoir vivre ensuite de cette curiosité auprès du public occidental.

Référence: Kluger N. Kaposi, Hebra et l'homme tatoué de Birmanie. Ann Dermatol Vénéréol. 2013. 140:72

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