Injection de botox front

Comprendre la cinétique d'action de la toxine botulique

Peu d'explications sont données aux patientes sur la cinétique d'action de la toxine botulique. Or quelle que soit la marque (Botox, Vistabel, Azzalure, Dysport, Bocouture, Xeomin…), toutes les toxines botuliques de type A, utilisées en esthétique ou dans diverses pathologies chroniques, ont la même courbe d'efficacité. En pratique, l'action de la toxine s'installe en 2 à 5 jours, pour atteindre en une quinzaine de jours un plateau d'activité. Tout va bien pendant 3 mois, puis l'effet de la toxine commence à diminuer. Il est donc normal que les muscles reprennent leu activité seulement 3 à 4 mois après l'injection. Ce qui n'est pas normal, c'est que les patientes n'en soient pas clairement informées ! Cet effet décroissant entraine une reprise progressive de l'activité musculaire, en 2 à 3 mois supplémentaires. Si bien qu'on conseille généralement de réinjecter tous les 6 mois, dans les indications esthétiques pour les femmes françaises, qui ne recherchent pas forcément un aspect figé. Mais sachez que dans d'autres pays, aux Etats-Unis par exemple, le rythme des injections est plus rapproché, de l'ordre de 3 injections par an (une tous les 4 mois). Et en neurologie, lorsqu'il s'agit de traiter à la toxine botulique des spasmes musculaires ou des dystonies, on réinjecte tous les 3 mois, soit 4 fois par an.

Bref, si l'effet de la toxine botulique dure peu chez vous, c'est parce qu'il dure peu chez tous le monde. Les chanceuses qui n'en ont besoin que tous les 6 ou 8 mois ne sont pas la norme…

 

La durée d'action du Botox est liée à la dose initiale

Deuxième chose à savoir sur l'effet de la toxine, c'est qu'il est dose-dépendant. Plus la dose initiale est faible, plus courte sera la durée d'action. Or, en France, à force de chercher un "look naturel", sans immobilité totale du front, on sous-dose souvent les patientes. D'où une reprise d'activité musculaire plus précoce que dans d'autres pays. Si vous voulez que l'effet botox dure plus longtemps, il faut demander un meilleur contrôle musculaire au départ, donc des doses plus fortes, quitte à ce que le font soit peu mobile le premier mois.

 

L'efficacité de la toxine botulique dépend de doses individuelles, à définir pour chaque patiente

Là encore, trop peu d'informations données aux patientes…Nous n'avons pas toutes les mêmes muscles. Et certaines fronceuses de sourcils auraient bien besoin de fortes doses dès le départ. Or on injecte souvent des doses standards, correspondant à un flacon de 50 unités (Vistabel ou Bocouture), à répartir sur tout le front, alors qu'il en faudrait souvent autour de 75 U, soit un flacon et demi. De ce fait, on explique au fil des mois aux patientes qu'il faut augmenter les doses en leur faisant penser qu'une certaine résistance s'installe. Or ce n'est pas toujours le cas: une augmentation des doses peut être simplement justifiée par le fait d'avoir sous évalué la bonne dose au départ.

Il est donc normal qu'au fil du temps, votre médecin augmente le tarif de vos injections, tout simplement parce que les doses injectées augmentent.

Encore une fois, il faut rappeler que les doses de Botox, comme tout médicament (antidouleur, antibiotique), sont individuelles, dépendant de l'aspect des muscles, et du poids des patientes.

 

La toxine botulique peut perdre de son efficacité dans le temps…ou pas !

En épluchant les publications scientifiques sur le sujet, je me suis intéressée au problème de la résistance à la toxine botulique, grande hantise des patientes !

En réalité, en fouillant à la fois les publications qui concernent les traitements à visée esthétique, et celles qui concernent des traitements purement médicaux (spasmes musculaires, dystonies…), j'ai trouvé très peu de cas de réelle résistance à la toxine botulique. Que ce soit d'emblée dès la première injection, ou au fur et à mesure des années, le risque de devenir résistant à la toxine est infime. Ce que la littérature scientifique rapporte en revanche, c'est une possibilité d'avoir à augmenter les doses au cours du temps. Sur une période de 20 ans, par exemple, les patients traités en neurologie peuvent voir leur dose augmenter de 40%, ce qui ne pose pas de problème pour la santé, il s'agit simplement d'en mettre un peu plus à chaque injection. Si l'on transpose cela au traitement des rides, en esthétique, ça voudrait dire qu'une patiente aurait progressivement besoin d'un demi flacon en plus pour traiter ses rides du front, sur une période de 20 ans. Ceci ne pose pas d'autre problème que celui du coût.

Il est donc normal qu'au fur et à mesure que les doses augmentent, le coût du traitement augmente aussi.

Cependant, il existe une autre façon d'évoluer au fur et à mesure des injections: c'est la possibilité d'espacer les traitements. En effet, les muscles immobilisés par la toxine vont prendre de leur volume et de leur tonicité au fil des années. Il n'est donc pas rare de constater qu'après 6 mois, vous n'avez pas forcément un besoin urgent de refaire une injection. Evitez toutefois d'attendre trop longtemps avant de refaire du botox, car il ne faut pas laisser les muscles se remuscler et reprendre leur tonicité initiale, vous reviendriez "à la case départ" !


En pratique: comment améliorer l'efficacité de la toxine botulique ?

Mon expérience m'a permis de constater comment on peut améliorer l'efficacité et la durée de vie de la toxine botulique. Quelle que soit la zone que vous faites traiter, je vous conseille le protocole suivant, si vous voulez en tirer un maximum de bénéfices:

- Ne sous-dosez pas l'injection initiale: plus les muscles traités seront immobilisés, meilleure sera la duré d'action. En pratique, si vous redoutez d'avoir un front figé, vous pouvez conserver un peu de mobilité sur le front, mais demander une immobilisation totale de la ride du lion, sans modifier négativement les expressions du visage.

- N'hésitez pas à effectuer une retouche 8 à 15 jours après l'injection principale. Ce geste est courant, il permet des ajustements fins et des résultats sur-mesure avec le botox. La retouche permet de corriger la position des sourcils si besoin, ou de compléter la dose sur certains muscles un peu "coriaces".

-  Renouvelez vos injections dès que vos muscles reprennent leur activité. Ceci évite de les laisser se remuscler entre deux injections. Au début, cela peut être tous les 4 ou 5 mois. Ne vous désespérez pas, vous constaterez que l'on peut ensuite espacer de plus en plus les injections. Là encore, ne sous-estimez pas les doses et la fréquence des injections au départ, c'est la garantie de résultats plus stables et durables par la suite.

 

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