Femme aux joues rouges

Si vous avez besoin de comprendre les stades évolutifs de la rosacée, reportez-vous d'abord sur l'article "Reconnaitre la rosacée". Car les traitements dépendent des lésions présentes donc du stade évolutif de la rosacée.

Au stade 1

Au stade des flushes et de l'instabilité vasculaire, les moyens cosmétiques sont primordiaux. Evitez toute source d'irritation pour la peau, nettoyez votre visage en douceur, utilisez des soins apaisants et anti-rougeurs quotidiens. Et évitez bien entendu les erreurs ou aliments qui déclenchent les rougissements. Il faut également bien vous protéger du soleil, car ses rayons majorent l'inflammation locale dans la peau (par le biais des radicaux libres) et entretiennent les mécanismes impliqués dans la rosacée.

Pour celles et ceux qui souhaitent ralentir la progression de leur rosacée, on peut débuter dès ce stade précoce du laser vasculaire à colorant pulsé, ou du laser vasculaire KTP, afin de coaguler une partie des vaisseaux déjà trop nombreux dans la peau.

 

Au stade 2

A ce stade, les rougeurs sont permanentes. Il s'agit de vaisseaux sanguins, comme de petites varices du visage, qui doivent être coagulés par des lasers vasculaires. Selon le calibre et la couleur des vaisseaux, le choix se porte sur du laser KTP, du colorant pulsé, de la lampe flash (IPL), voire du laser Nd:YAG 1064 si les vaisseaux sont épais et bleutés.

Les mesures cosmétiques destinées aux soins des peaux sensibles doivent être maintenues, comme au stade précédent.

Une autre option thérapeutique serait d'utiliser un gel vasoconstricteur local: le Mirvaso (brimonidine), dont l'action dure une douzaine d'heures à chaque application. Vous trouverez plus d'informations sur ce médicament ici.

 

Au stade 3

Ce stade est celui des boutons de rosacée. La composante infectieuse et inflammatoire doit être ciblée en priorité, et ceci fait appel à des médicaments sur prescription. Voici les grandes classes médicamenteuses qui se discutent:

Les antibiotiques locaux:

Le métronidazole est utilisé localement, sous forme de préparation magistrale, ou en médicament topique: Rozex, Rosacrème….

Les antimicrobiens locaux:

L'acide azélaïque (Finacéa) est un médicament qui s'applique sur la peau et permet un contrôle à moyen ou long terme des formes papulo-pustuleuses de rosacée. Il agit également sur les lésions d'acné et peut être intéressant lorsque les deux pathologies coexistent.

L'ivermectine en crème (Soolantra) peut également se discuter dans les poussées papuleuses de rosacée, pour une durée de traitement de 3 à 4 mois.

Les antibiotiques oraux:

On utilise les cyclines (tétracyclines, doxycyclines…) en cure de quelques semaines lorsque la rosacée est très inflammatoire ou en cas d'échec des soins locaux.

L'isotrétinoïne:

Ce médicament habituellement réservé aux acnés sévères peut être prescrit, à faibles doses, dans les formes résistantes de rosacées papuleuses. L'initiation et l'encadrement de la prescription se font dans un cadre strict (mise en route d'une contraception orale chez les femmes, surveillance du bilan biologique, durée de prescription limitée dans le temps…) . L'istrétinoïne n'est donc pas un médicament de première intention dans la rosacée, mais une cure de quelques mois peut améliorer les patients présentant des formes résistantes aux autres médications.

 

Dans tous les cas, après le contrôle de la poussée inflammatoire, le traitement de la composante vasculaire au laser est indispensable pour limiter les poussées et la progression de la rosacée.

 

Au stade 4

Au stade de rhinophyma (ou d'autres phymas, mais ils sont rares), la prise en charge chirurgicale est nécessaire. L'épluchage des lésions au laser CO2, sous anesthésie générale, apporte de bons résultats, avec des suites simples, il ne faut pas hésiter à y avoir recours.

 

Photo:www. allure.com