halle berry et ses auréoles

1) Quand parle-t-on de transpiration excessive ?

On parle de transpiration excessive ou hyperhidrose lorsque les problèmes de transpiration ont un impact important sur la qualité de vie.

Le score de gravité communément utilisé est le score HDSS :

  •  Niveau 1 : Ma transpiration passe inaperçue et ne dérange en rien mes activités quotidiennes.
  •  Niveau 2 : Ma transpiration est tolérable mais parfois elle entrave mes activités quotidiennes.
  •  Niveau 3 : Ma transpiration est à peine tolérable et entrave fréquemment mes activités quotidiennes.
  • Niveau 4 : Ma transpiration est intolérable et entrave constamment mes activités quotidiennes.

 

2) Quand faut-il consulter ?

Il faut consulter un médecin, généraliste ou dermatologue, lorsque les problèmes de transpiration:

- Sont d'apparition récente ou démarrent après l'âge de25 ans.

- Persistent ou s'intensifient la nuit.

- Sont associés à d'autres symptômes: amaigrissement, fatigue, fièvre, troubles digestifs ou neurologiques...

- Semblent liés dans le temps à la prise d'un nouveau médicament.

- Deviennent handicapants au quotidien, au travail ou dans la vie privée.

 

3) Quelles maladies peuvent être révélées par une hyperhidrose ?

Dans le cas où la transpiration excessive est le symptôme d'une maladie interne, on parle d'hyperhidrose secondaire.

Les maladies à rechercher lors de la première consultation médicale sont les suivantes:

- Cause hormonale: diabète, dysfonctionnement thyroïdien, ou ménopause sont les causes les plus fréquentes. Mais il s'agit parfois aussi d'acromégalie, de phéochromocytome, voire de tumeurs carcinoïdes.

- Cause infectieuse: tuberculose, maladie virale...

- Cause cancéreuse: lymphome ou autre cancer...

- Cause médicamenteuse: l’amiodarone, les opiacés, la pentoxyfylline, l’interféron, la fluoxétine, voire parfois les bétabloquants, les anti-oestrogéniques... 

- Cause neurologique: syndrome parkinsonien, sclérose en plaques, accident vasculaire cérébral...

Ces maladies sont généralement accompagnées par d'autres symptomes évocateurs, et il est rare en pratique de les découvrir.

 

4) L'hyperhidrose primitive

La plupart du temps, la cause de la transpiration n'est pas retrouvée et on parle d'hyperhidrose primitive.

Elle débute chez l'adulte jeune ou l'adolescent, est symétrique, s'aggrave au stress et se calme la nuit.

Il existe des formes:

- localisées: aisselles, mains, pieds, visage et crâne.

- ou généralisées.

 

5) Quelle prise en charge chez le médecin ?

L’hyperhidrose primitive n’est pas considérée comme une maladie, mais plutôt comme une variante de la normale.

En pratique, on ne quantifie pas le volume de sueur transpiré, on se base sur le handicap généré par la transpiration excessive. La stratégie thérapeutique doit donc prendre en compte la topographie de la transpiration, le vécu du patient, sa profession et sa situation personnelle.

 

Les antitranspirants locaux

Les antitranspirants ou antiperspirants ont une action mécanique sur l’excrétion de la sueur, alors que les déodorants se contentent de camoufler l'odeur.

Pour bloquer la transpiration, les antitranspirants contiennent généralement des sels d’aluminium (chlorure et hydroxychlorure d’aluminium). Le chlorure d’aluminium est l’antiperspirant local le plus efficace mais il est irritant.

Pour minimiser le risque d'irritations avec les sels d'aluminium, il faut les utiliser de la façon suivante: appliquer le soir au coucher l'antitranspirant sur la zone concernée, puis rincer le matin. Répéter jusqu'à obtention d'une efficacité (8-10 jours). Puis espacer les applications à 2- 3 fois par semaine, le soir au coucher. Vous pouvez compléter par un déodorant pour peaux sensibles en journée.

 

L’ionophorèse

Cette méthode consiste à exposer les mains ou les pieds à un courant électrique continu transmis par immersion dans un bac d'eau. Ces séances durent une dizaine de minutes et génèrent une simple sensation de picotements. On doit réaliser une dizaine de séances en 5-6 semaines, puis des séances d'entretien  toutes les 6-8 semaines. Cette méthode ne peut pas être réalisée chez les porteurs de pace-makers ni chez les femmes enceintes.

Depuis quelques années, des embouts spéciaux permettent de traiter également les aisselles.

Et il est possible pour un particulier d'acheter son matériel de ionophorèse pour réaliser ses séances à la maison. Je recommande toutefois d'avoir testé son efficacité au préalable avant de faire cet investissement.

 

Les médicaments 

L’oxybutynine (Ditropan®) est le médicament le plus classique pour la prise en charge des hyperhidroses primitives généralisées. Il permet une nette amélioration dans près de 80% des cas.

Il présente des contre-indications qui doivent être recherchées au préalable: adénome de prostate, glaucome à angle fermé, tachyarythmie, et myasthénie. Les effets secondaires sont dose-dépendants : sécheresse buccale, troubles d’accommodation, constipation, baisse de tension. Il convient de débuter par de petites doses, prises le soir, puis d’augmenter progressivement, jusqu’à une dose maximale de ½ comprimé 3 fois par jour.

L'oxybutynine est prescrite hors AMM, ce médicament n'ayant pas été mis sur le marché dans l'indication "hyperhidrose primitive".

Le propranolol est parfois utilisé, à la place ou en complément de l'oxybutynine.

Enfin, certains antidépresseurs antisérotoninergiques peuvent avoir un effet sur l’hyperhidrose, comme le Deroxat®. Il ne s'agit pas d'un traitement de première intention.

 

Les injections de toxine botulique

Les injections de toxine botulique, ou "botox" sont intéressantes dans l’hyperhidrose localisée, car elles apportent une amélioration chez 97% des patients, avec peu d'effets secondaires. La durée d’efficacité des injections de toxine botulique est variable, allant de 4 à 12 mois et il semble que cette durée augmente avec le nombre d’injections.

Ces injections sont peu douloureuses au niveau des aisselles, mais nécessitent une anesthésie en crème pour les mains et les pieds.

 

Chirurgie: la sympathectomie thoracique

La section du nerf sympathique au niveau thoracique (sympathectomie) provoque normalement un arrêt complet de la sudation de la partie supérieure du corps. Cependant, en post-opératoire, une hypersudation compensatrice s'installe dans la moitié inférieure du corps, et son intensité est impossible à prévoir.