femme qui a perdu beaucoup de cheveux

Un diagnostic angoissant :

Le diagnostic d’alopécie androgénétique est difficile à « digérer » car il s’agit d’une entité angoissante : le bilan est souvent pauvre et peu explicatif, l’évolution difficile à prévoir, le pronostic est bon sur le plan de la santé et variable – parfois mauvais – sur le plan esthétique. Compte –tenu de l’impact important de ce problème sur la qualité de vie, et de l’angoisse que cela génère, je pense qu’il ne faut pas trop attendre pour démarrer des traitements adaptés. Ils n’offrent malheureusement pas de solution radicale, mais ils ont le mérite de pouvoir généralement préserver  la masse de cheveux. Plus tôt on les démarre, mieux c’est donc, car les cheveux tombés ne repoussent pas toujours.

Le minoxidil :

Classiquement, le premier traitement à débuter est le minoxidil 2% appliqué matin et soir en frictionnant légèrement le cuir chevelu. Les résultats ne se jugent qu’après 6 mois . Ce dosage est censé être plus efficace chez la femme, mais certaines équipes proposent d’essayer le 5% en cas d’échec du 2% .  Le minoxidil à 5% est plus à risque de développer un duvet du visage ou des signes d’intolérances locale (irritation, maux de tête) ou générale (palpitations...), c’est pourquoi il n’est pas proposé d’emblée.

Les traitements hormonaux :

Le traitement de deuxième intention est la prise d’un traitement hormonal, luttant localement contre l’action des androgènes au niveau du follicule pileux. Il peut s’agir d’une pilule contraceptive de 3ème ou 4ème génération, ou d’acétate de cyprotèrone délivré soit en pilule (Diane 35 et génériques), soit sous le nom d’Androcur. Lorsque  Androcur est prescrit, il est associé à un œstrogène, et on peut faire varier les posologies de ¼ de comprimé à un comprimé entier par jour. Cette augmentation des doses se fera progressivement au fil des mois en fonction de l’efficacité sur la chute de cheveux, et bien sûr de la tolérance. Le minoxidil peut être maintenu ou non, cela se discute au cas par cas.

Les autres traitements médicamenteux :

En cas d’échec de ces traitements, ou chez la femme ménopausée, on peut discuter de la prescription de spironolactone qui inhibe les récepteurs aux androgènes, voire de finastéride (qui inhibe  l’enzyme impliquée dans le métabolisme de la testostérone, la 5 alpha-réductase).  Ces traitements n’ont pas reçu d’autorisation de mise sur le marché (AMM) en France dans le traitement de l’alopécie androgénétique féminine, leur prescription se fait donc hors AMM, après discussion et accord de la patiente.

La greffe de cheveux :

Enfin, la greffe de cheveux est parfois envisagée, mais là encore, cela se discute au cas par cas. Le geste consiste à transférer des cheveux de l’arrière de la tête vers le sommet du crâne, de façon à densifier la zone masculine qui se dépeuple. Cela nécessite qu’il y ait suffisamment de cheveux à l’arrière du cuir chevelu, et qu’ils soient de bonne qualité pour que les greffons prennent. Ce n’est malheureusement pas souvent le cas chez les femmes. Contrairement aux greffes chez l’homme, la durée et la stabilité des résultats sont incertains. Il convient donc de n’envisager cette solution qu’en dernier recours, après avoir pris plusieurs avis, et fait le tour des médications plus conventionnelles.